Le top 5 des noms de rues WTF de Lille

Par

Tiphanie
Quand on nous donne les clefs de notre premier appart’ lillois, on est tout émoustillé de pouvoir donner l’adresse de son chez soi. Sauf que parfois, les noms de rues à Lille sont, disons… atypiques. Dur de ne pas penser à des incendies en série quand on habite au 125 rue Brûle-Maison. Ou d’avoir peur des amendes quand on réside au 15 rue Malus. Alors qu’en fait, il y a (presque) toujours une explication à ces noms de rue un brin WTF.
1 – Rue des Trois Mollettes. Même si elle a un temps été appelée ruelle des Sœurs grises, que ceux qui pensaient que trois sœurs mollassonnes vivaient là aillent se repentir. La rue des Trois Molettes, c’est tout simplement une rue du Vieux-Lille où se trouvait un puits avec trois poulies qui permettaient d’en extraire l’eau super vite. Et en patois lillois, “molette” veut dire “poulie” (ou “pli du genou” mais là on ne voit pas le rapport.)
2- Rue Brûle-Maison. Après moult recherches, non, cette rue n’est pas réputée pour ses incendies en série. Quand elle a été créée, elle s’appelait même rue Palikao, du nom d’une bataille remportée en Chine en 1860. Et puis en 1881, le 4 juillet pour être précis, on l’a rebaptisée rue Brûle-Maison en l’honneur du chansonnier lillois François Cottignies.Rapport choucroute entre des maisons qui brûlent et un mec qui pousse la chansonnette ? C’était en fait son surnom à notre François : il était marchand grossier et, les jours de marché sur la Petite Place, il avait l’habitude de faire brûler des petites maisons en papiers au bout d’un bâton pour attirer le badaud sur son étal. Et voilà comment on en est venu à le surnommer “Brûle-Maison”. Et si une rue porte aujourd’hui son nom, c’est surtout pour les chansons qu’il composait. Elles étaient belles, drôles… surtout aux dépens des voisins Tourquennois. Brûle-Maison les considérait un peu comme des “rustres illettrés” et dans ses compositions, c’est souvent le “Broutteux”, surnom du Tourquennois qui venait au marché à Lille avec sa brouette, qui en prennait pour son grade.
3- Place aux oignons. C’est l’une des places les plus charmantes de Lille, mais oui, elle a un nom qui sent un peu. Il n’y a pourtant aucune histoire de vendeuse d’oignons ou de soupe à l’oignon à l’origine de la dénomination de cette place longtemps laissée à l’abandon. En réalité, il y a fort longtemps, siégeait ici le donjon du château des Comtes de Flandres (oui tout de suite, ça en jette plus). Sauf qu’il n’en reste plus rien aujourd’hui… à part le nom de cette place. Donjon. Oignon. Vous ne voyez pas ? C’est pourtant bien de là que la place de l’ancien donjon tire son nom : donjon se disait “dojon” et “dominium” en latin. Avec le temps et la déformation du mot voilà où on arrive.
4- Rue Jean sans Peur. Jean n’est pas né à Lille mais il a été duc de Bourgogne et comte de Flandre au début du XVe siècle. Officiellement, il s’appelait Jean Ier de Bourgogne mais a gagné son surnom de Jean sans Peur après une bataille.Jean a eu du mal à choisir un camp entre les Français et les Anglais qui, à l’époque, n’étaient pas franchement sur la même longueur d’onde. A un moment, il complote contre le frère du roi de France, à un autre, il se ligue avec la France contre les Anglais.Comme Jean avait du mal à choisir, le roi de France Charles VI a pris les devants : alors que les deux hommes devaient se rencontrer pour sceller un accord sur un pont, le roi a fait assassiner le duc. Simple. Efficace.
5- Rue Malus. Accrocher sa voiture rue Malus, avouez que ça fait une bonne anecdote à sortir en soirée. En fait, celui qui nommait cette rue du quartier Saint-Michel devait être un peu fainéant sur les bords puisque son nom complet est : rue Etienne Louis Malus. Ce Lillois, en plus d’avoir été président de la société des sciences de la ville en 1804, est celui qui a découvert la polarisation de la lumière. #LesLilloisOntDuTalent