Le Tréport, cité balnéaire la moins chère de France

Par

Tiphanie
D’après une étude de Meilleurs agents, portant sur le bord de mer, la cité portuaire afficherait le prix le plus bas du marché, de 1 367 €/m² pour acquérir une maison.
Une maison les pieds dans l’eau, beaucoup en rêvent. Peu le concrétisent faute d’argent. Sauf peut-être au Tréport. La cité portuaire serait la station balnéaire la plus accessible de France. D’après Meilleurs agents, qui se dit nº1 de l’estimation immobilière en ligne, elle afficherait le prix de l’immobilier le plus bas des villes de ce type : 1 367 €/m² pour une maison.L’agence locale Expert immo (basée à Eu et Bacqueville-en-Caux) n’est pas étonnée par ce classement. « Au Tréport, il y a beaucoup de résidences secondaires, et beaucoup sont à vendre, donc les biens ne sont pas chers, analyse Patricia Ouvry, gérante, avec Philippe Anquetin. C’est la rareté qui fait grimper les prix ». Et inversement. (crédit photo : ville de Mers)
Si les acquéreurs boudent Le Tréport, ce n’est pas parce que la ville manque de charme bien au contraire. Ce serait avant tout en raison de son manque d’accessibilité, ceci à plusieurs égards. Nathalie Pigou, négociatrice immobilière, explique : « Il n’y a plus de train pour venir depuis Paris. Dimanche, moi-même je l’ai fait en bus : 4h30 ! » Trop long. Compter 2h30 pour rejoindre Deauville par le rail, 3 heures pour Le Touquet. Ceux qui font le choix de venir en voiture se heurtent, sur place, à une difficulté : « I ls réclament un garage. Mais il y a en a très peu à la vente. Quant au stationnement, le fonctionnement avec la carte (20 ¤ l’année et possibilité d’avoir une carte visiteur), leur paraît complexe, notamment s’ils veulent recevoir de la famille, des amis. Les gens veulent arriver, poser leur valise et leur voiture, puis tout faire à pied : les courses, la plage… », constate Nathalie Pigoud. Autres freins rencontrés lors des visites : l’absence d’ascenseur dans les immeubles, le classement en zone inondable « qui fait peur, c’est une question que posent souvent les clients ». (crédit photo : ville de Mers)
Pour ce pied-à-terre sur le littoral, les vacanciers disposent, en moyenne, d’un budget de 50 000 à 100 000 ¤. De quoi se payer le soleil ? Pas vraiment. « Les biens, à deux pas de la mer, sont généralement sombres. Le Tréport ne bénéficie pas d’une bonne exposition ». Surtout quand sa voisine de Mers-les-Bains lui fait de l’ombre parce qu’elle, elle gagne en notoriété. Ses façades sont aussi plus belles, « celles du Tréport manquent d’entretien ». Les clients n’hésitent pas à faire quelques centaines de mètres pour acquérir un bien. Plus petit. Car les prix dans la station balnéaire mersoise sont plus élevés. On peut relever un écart de prix de 10 000 à 20 000 ¤ entre les deux villes voisines pour des biens similaires, entre 50 et 90 m².Le maire du Tréport, Laurent Jacques (PCF), a pris connaissance de cette étude. Et il l’avoue : « Je ne sais pas trop quoi en penser. Est-ce un bon ou un mauvais point d’avoir les prix les moins chers ? C’est sans doute à double tranchant, car la crainte avec des prix trop hauts serait que les nouveaux habitants ne puissent plus y acquérir leur habitation principale. Nous ne voulons pas devenir une ville de résidences secondaires. Quoi qu’il en soit, nous sommes une station balnéaire d’ouvriers plutôt que de riches ». (crédit photo : ville de Mers)