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360 m2 : Près de Calais, Alain construit lui-même sa maison avec des conteneurs

360 m2 : Près de Calais, Alain construit lui-même sa maison avec des conteneurs

Par

Karin Scherhag
360 m2 : Près de Calais, Alain construit lui-même sa maison avec des conteneurs
Alain Verhée s’est lancé seul dans la construction de sa maison, en apprenant le métier sur le tas. Au terme de quatre ans de rudes efforts, la famille profite d’une maison unique en son genre. Mais à quel prix ? Car le chantier marckois n’est pas encore terminé. Crédit photos : Sébastien Jarry.

C’est un défi un peu fou que s’est lancé Alain Verhée. Il y a quatre ans, le quinquagénaire a entrepris, seul, la construction de sa maison : un logement contemporain de 115 m2 habitables, fait de conteneurs et entièrement né de son imagination. Un chantier pharaonique auquel il consacre l’essentiel de son temps. Dans les rues de Marck, à dix kilomètres à peine de Calais, la structure de la maison interpelle les passants. Avec sa coiffe deux fois plus longue que la base, elle a des airs de bateau renversé. Un bardage en bois de sapin viendra bientôt en recouvrir chaque face. « Je voulais que la forme même de la maison soit atypique. Je l’avais dessinée, puis j’avais fait une maquette avec un plastique spécial… Je pense qu’en France, on peut compter sur les doigts d’une main les maisons présentant une telle esthétique. C’est mon exercice de style », se targue son créateur qui a tout appris sur le tas. « J’ai été un peu naïf, ironise-t-il. Je pensais pouvoir la construire en six mois. Mais les conteneurs demandent une technicité qui n’a rien à voir avec les maisons classiques. Chaque poste est difficile. Et seul, on a parfois l’impression de ne pas avancer. »

 

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Dans sa boîte à outils, rien de superflus : un poste à souder, une visseuse et une meuleuse, qui lui a notamment permis de découper quelque 200 mètres linéaires de taule ondulée. « Quand j’ai commencé la construction, j’étais au chômage, se souvient-il. Alors je pouvais consacrer huit heures par jour à ce chantier. Et puis j’avais la flamme (sourire). » Mais les mois passent, puis les années, et la fatigue se fait sentir. Le découragement aussi. Pas question pourtant de sombrer dans la facilité et d’embaucher quelqu’un pour finir ce qu’il a commencé. Alain Verhée n’en tire cependant aucune gloire. « Je suis un impulsif. Je voulais construire notre maison alors je me suis lancé comme ça, sur un coup de tête. » Dans son entourage, personne ne doute de ses capacités à mener à bien son projet.

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A l’étage, les pièces de vie profitent d’une belle luminosité

Toute la famille Verhée s’est d’ailleurs installée il y a un an dans cette maison confortable. Ici, les pièces à vivre sont situées à l’étage, ce qui permet à ses occupants de profiter plus longuement de la lumière du jour. Pendant la visite, le propriétaire s’attache aux travaux à finir : une pose de carrelage par ci, un coup de peinture par là. La salle de bains du bas lui demandera encore pas mal de temps et d’énergie.

360 m2 : Près de Calais, Alain construit lui-même sa maison avec des conteneurs

« A la base, nous voulions construire une maison cubique en Ytong® (du béton autoclavé, ndlr), ça aurait sans doute été plus simple. Nous avions trouvé un terrain à Coquelles mais notre permis de construire a été refusé car il n’entrait pas dans les prérogatives du PLU. » Alain et son épouse changent donc leur fusil d’épaule. Après avoir vu la photo d’une maison en conteneurs, ils en achètent six : trois de vingt pieds, trois de quarante pieds. Des conteneurs premier voyage (c’est-à-dire neufs), qu’ils vont chercher au port de Dunkerque. Montant de la facture : 24 000 euros. « On aurait payé moins cher en achetant des vieux conteneurs mais ils auraient eu au minimum quinze années de voyages en mer salée et auraient été fragiles », estime Alain. Son épouse et lui sont très exigeants quant au choix des matériaux. Ils veulent le meilleur. La maison est ainsi équipée d’une pompe à chaleur et d’un plancher chauffant au rez-de-chaussée. Les menuiseries sont à la fois pratiques, robustes et esthétiques. Les placards et les dressings ? Du sur-mesure conçu par Alain. Le budget matériaux (conteneurs compris) s’élève déjà à 90 000 ou 100 000 euros. « J’ai arrêté de compter, plaisante le propriétaire. Contrairement à ce qu’on entend, une maison en conteneurs n’est pas moins chère qu’une construction classique. » Quant à la durée de vie de l’habitation ? « Ce ne sera jamais une maison haussmannienne, répond Alain. Mais on ne sera plus là pour voir qu’elle est tombée. »

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