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Démonstration de construction d'un bâtiment grâce a une imprimante 3D.

A Valenciennes, on imprime des maisons en 3D

Par

Karin Scherhag
Démonstration de construction d'un bâtiment grâce a une imprimante 3D.
Du rêve à la réalité ? C’est ce que propose aujourd’hui Constructions-3D, une entreprise valenciennoise qui a développé une gigantesque imprimante 3D pour le BTP. Objectif : lutter contre le mal-logement en réduisant coûts et durée de construction. Photo : Christophe Lefebvre

Faire construire sa maison en quelques heures et pour quelques milliers d’euros, c’est la promesse de la construction par impression 3D. Au lieu de monter des murs, parpaing par parpaing, la construction 3D consiste à déposer du béton couche par couche avec une gigantesque imprimante 3D spécialement conçue pour le BTP. Pour le reste, cela fonctionne exactement comme une imprimante 3D classique, qui fabrique par exemple des figurines en plastique. On part donc d’un plan en 3D sur ordinateur et on envoie ces informations à l’imprimante. Equipée d’un bras robotisé, l’étrange machine aux allures de mante religieuse dépose des couches successives de béton. Son bras fonctionne comme un compas, tournant sur lui-même à 360 degrés.

En France, elles ne sont encore que trois entreprises à proposer cette technologie innovante. Batiprint à Nantes, XTreeE à Rungis et Constructions-3D à Valenciennes, qui se distingue par ses valeurs écolos et humanistes. « Pour le moment, nous utilisons un mortier technique conçu spécialement pour l’impression 3D mais nous travaillons en collaboration avec Estelle Hynek, doctorante aux Mines de Douai, sur la réalisation de matériaux 3D à basse empreinte carbone », souligne Thomas Borja, ingénieur commercial chez Constructions-3D.

Abritée depuis sa création en 2017 dans les locaux de la Serre Numérique de Valenciennes, la jeune entreprise met à profit son imprimante 3D – la Maxi Printer – pour la construction de son futur siège de Bruay-sur-l’Escaut : un ensemble de bâtiments de 2 500 m2 qui sert déjà de cas concret. Un premier pavillon de 58 m2 aux murs volontairement courbes vient ainsi de voir le jour. Il s’agit là du tout premier bâtiment de France imprimé en 3D. « Avec cette technologie, on peut réaliser n’importe quelle forme », précise encore Thomas Borja. Ne manquent plus que les menuiseries, laissées à des ouvriers classiques. Pour ériger les quatre murs de ce bâtiment, il n’a fallu que 28 heures de travail. « C’est encore trop », estime pourtant le jeune ingénieur commercial. « A terme, on veut en effet que la construction 3D soit dix fois plus rapide et quatre ou cinq fois moins chère que la construction traditionnelle », précise Axel Théry, l’un des associés de l’entreprise valenciennoise.

Car la société Constructions-3D est avant tout née d’un projet ambitieux : lutter contre le mal-logement partout dans le monde. « Un milliard et demi de personnes sont aujourd’hui privées de logement, calcule Antoine Motte, le gérant de l’entreprise. Si un million de machines 3D – les nôtres ou celles de nos concurrents - fonctionnaient chaque jour, on ne ferait que juguler la hausse du mal-logement. Avec deux millions de machines, il n’y aurait plus de gens sans abri. »

L’imprimante brevetée à Valenciennes présente l’avantage d’être hyper compacte et de tenir dans un container pour être transportée partout dans le monde « afin de répondre à l’urgence d’une catastrophe naturelle. » Repliée, elle peut en outre sortir d’une maison fraîchement construite… par la porte d’entrée ! « Ce qui nous manque désormais, ce sont les gens compétents pour utiliser cette machine », glisse Antoine Motte qui espère pouvoir recruter plusieurs techniciens chaque année. Constructions-3D a donc développé une version miniaturisée de son imprimante – la Mini Printer – qui est mise à disposition des lycées professionnels, des centres de formation et des Mines de Douai afin que les jeunes puissent se former à cette nouvelle technologie. Quid des maçons traditionnels ? « Le métier va évoluer et nous, nous leur offrons un outil qui rendra moins pénible leur travail. Mais nous aurons toujours besoin de maçons pour faire fonctionner les machines et pour intervenir sur les pièces encore fraîches », promet Thomas Borja.

 

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