Les premières maisons 3D de France seront construites à Reims

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Instant Rémois
Elles devraient voir le jour à l’horizon 2020. Les toutes premières maisons élaborées en grande partie avec la technologie d’impression 3D seront bâties dans le quartier Rema’vert à Reims
DANS LA MARNE, 5 MAISONS S'IMPRIMENT EN 3D. Le bailleur social Plurial Novilia travaille depuis plusieurs mois sur un projet expérimental de fabrication d’un logement social mixant impression 3D en béton et éléments préfabriqués. Viliaprint, c’est le nom du projet ambitieux mené depuis 1 an maintenant. Cela consiste a utilisé la technologie d’impression 3D pour construire du logement social. « Pour la première fois en France, nous avons poussé la réflexion au-delà d’une simple utilisation « annexe » de cette technologie, et avons imaginé une manière de réaliser la majeure partie des éléments porteurs d’une maison en impression 3D. Le résultat devant être parfaitement reproductible par d’autres bailleurs », explique ainsi Alain Nicole, Directeur général de Plurial Novilia.
DES MAISONS AUX CONTOURS ARRONDIS. Après un an d’études, on sait maintenant à quoi ces maisons devraient ressembler. Repousser les limites de la construction, l’architecte Emmanuel Coste ne s’en cache pas : « La physionomie des maisons s’en ressent. On privilégie les courbes, les arrondis, les formes elliptiques. Cette technologie offre une grande liberté, permet de laisser libre cours à la créativité des architectes. » Ce sont cinq maisons de plain-pied allant du T3 au T5 qui doivent voir le jour à l’horizon 2020. Elles seront bâties dans le quartier Rema’vert, un éco-quartier à Reims. « C'est une première quasi mondiale ». Emmanuel Coste, de l’agence Coste architecture, n’hésite pas à employer cette formule accrocheuse pour évoquer ce projet sur lequel il travaille avec le bailleur social et XtreeE, la start-up spécialisée en impression 3D grande dimension. Dans l’immobilier, en France, la technologie 3D est expérimentée depuis près de 4 ans. Utilisée essentiellement pour réaliser des éléments de décoration ou des parties de construction.
UN ROBOT XXL POUR TISSER DES MURS 3D. Deux technologies seront employées pour mener à bien Viliaprint. « Pour chaque maison, un module sera réalisé totalement hors site, en ossature bois : il comprendra la cuisine, le cellier, l’entrée, les toilettes et la salle de bains » , détaille l’architecte. Le reste de la maison « sera composé d’éléments en 3D béton. » Les maisons seront mitoyennes et reliées par une grande « nappe » végétale en toiture, et chacune bénéficiera de ses propres espaces extérieurs. Les maisons seront faites, les unes, après les autres. Un robot XXL de près de 6 mètres de haut va se charger du gros de la construction. Cet outil de production est assez complexe, puisqu’il fabrique le béton, le transforme, puis le coule en de minces couches superposées les unes sur les autres, jusqu’à obtenir les formes et les hauteurs voulues par l’architecte. « Deux possibilités : soit on réalise les murs dans un local situé à 100 mètres du chantier et on les assemble, soit on amène la machine directement sur le chantier. Cela n’a pas encore été tranché », indique Emmanuel Coste.
UN CHANTIER 3 FOIS PLUS RAPIDE À RÉALISER. Les avantages de la 3D sont multiples. « Le béton en impression 3D ainsi réalisé en tissage est trois fois plus solide en compression qu’un béton normal », assurait ainsi en juin, Alain Guillen, le patron de XtreeE. Autres atouts : la phase gros œuvre est divisée par 3. Construire une telle maison prendrait ainsi moins d’1 mois. Le chantier génère également moins de déchets. L’utilisation d’un robot permet aussi une amélioration des conditions de travail (réduction forte de la pénibilité, diminution de l’accidentologie). Mais ce type de construction occasionne un surcoût : 25 % de plus qu’une construction classique. Le prix du m2 s’élèvera à 2 000€ environ au lieu de 1500 €. Plurial Novilia va débloquer une enveloppe d’1M€ pour ces cinq maisons. Le bailleur travaille toujours actuellement pour obtenir les certifications nécessaires et les assurances. Le démarrage du chantier est espéré pour le dernier semestre 2019.
FOCUS. Viliaprint est lauréat de l’appel à projets, lancé par la Caisse des dépôts et l’union social pour l’habitat (USH), parmi 25 projets. Il a bénéficié d’un premier accompagnement en mars 2017 lors du Hack’Archi, atelier d’innovation, mobilisant autour de ce projet, 70 étudiants de formations variées. Le projet a bénéficié pendant 9 mois de l’incubateur LabCDC, bénéficiant ainsi de soutiens d’expertises et financiers. Le projet prévoit la construction de 5 maisons. Le chantier devrait commencer dans l’année pour un coût d’1M €.