Une maison sans chauffage, c’est possible !

Par

Karin Scherhag
360m2 vous emmène cette semaine à Saint-Amand-les-Eaux visiter une maison passive. Ici, ni chauffage, ni climatisation et une température ambiante de 21°C toute l’année. Explications. (photos : Christophe Lefebvre)

Un thermomètre affichant 0°C au meilleur de la journée et une couche de neige épaisse de 15 centimètres : le jour idéal pour visiter une maison passive. Direction Saint-Amand-les-Eaux, en lisière de forêt domaniale, où le cabinet Kontext Architectes achève la construction d’une maison de 125 m2, entièrement conçue sans chauffage ni climatisation. « Les clients déterminent au préalable la température confort. Ici, ils voulaient 21°C au rez-de-chaussée et 20°C dans les chambres, hiver comme été. Ensuite, nous « réglons » la maison en fonction de cette demande », explique Damien Schietse, l’architecte qui a travaillé sur ce projet de maison passive. Avant de procéder aux fameux réglages, les constructeurs prennent en compte le nombre de personnes qui occuperont le logement. « On estime qu’une personne dégage en moyenne 100 KW d’énergie. C’est un peu plus pour les enfants. On note aussi les éclairages et les appareils électroménagers qui sont eux aussi sources de chaleur », détaille l’architecte. Le reste des calories est apporté par le soleil.

Pour l’isolation, les clients du cabinet ont choisi des matériaux bio-sourcés : ouate de cellulose, fibres et laine de bois. Mais tout peut s’avérer un excellent isolant (lire l’encadré « Une maison passive, c’est écolo ?). Le triple vitrage et des murs trois fois plus épais que pour une maison classique sont en outre des impératifs du passif. La maison fonctionne ensuite comme un thermos : super isolée et étanche à l’air, elle garde la chaleur emmagasinée tout au long de la journée. A la différence d’une cafetière classique qu’il faut en permanence chauffer ou réchauffer pour maintenir la température du liquide qu’elle contient. « Mais on vivrait mal dans un thermos, concède Damien Schietse. Dans toute la maison, on place donc des VMC qui permettent une ventilation continue et un renouvellement d’air sans perte de calories. » (lire l’encadré sur la ventilation double flux). Une maison passive consomme 15 kWh/m2/ an. C’est presque cinq fois moins qu’une maison active.

La maison de Saint-Amand doit être livrée fin mars. Elle n’est encore qu’une coquille vide. Les équipements sont inexistants et les derniers ouvriers sont intervenus sur le chantier il y a un mois et demi. Malgré le froid pinçant qui règne dehors, on a pourtant une sensation de confort en y entrant. L’application installée sur le téléphone de notre photographe indique 16°C. A relativiser, sans doute, mais ce résultat ne semble pas aberrant non plus. « Les gens ont encore du mal à croire qu’on puisse se passer de chauffage dans le Nord, souligne Damien Schietse. Avec le passif, notre plus grosse problématique c’est plutôt de combattre la surchauffe ! » Pour cela, les architectes proposent notamment d’installer des stores textiles à l’extérieur et des volets à lames orientables qui permettent de voir dehors tout en empêchant le soleil d’entrer. Un plancher bêton est aussi préconisé afin de garder la fraicheur l’été.

La construction de cette maison amandinoise n’a duré que huit mois. Construire un bâtiment passif ne prend donc pas plus de temps. C’est en revanche un peu plus coûteux. « On sait faire du passif au même prix que la RT 2012 (comprenez la réglementation thermique de 2012, ndlr) mais le prix dépend des matériaux choisis. Sur un panel de 300 bâtiments passifs construits dans les Hauts-de-France, on a un surcoût d’un peu moins de 10% », calcule Damien Schietse.

 

 

D'autres articles pour mieux consommer : 
 

Autres articles