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L’habitat partagé, une nouvelle idée du bonheur

Par

Karin Scherhag
Depuis la naissance d’Hagrobi en 1982 à Villeneuve-d’Ascq, les projets d’habitat groupé se sont multipliés dans le Nord et le Pas-de-Calais. À Lille, dans le quartier des Bois-Blancs, nous avons rencontré « les Voisins etcetera ». Ils nous racontent leur quotidien dans leur résidence pas comme les autres. (photo Pascal Bonnière)
Camille est souvent sur la route. Le lendemain de notre rencontre (jeudi), cet artiste de 34 ans repartait pour une tournée de quinze jours dans plusieurs villes de France. Sa compagne Sandrine a elle aussi un travail chronophage, elle est ingénieur. Difficile donc d’être chaque soir à la sortie de l’école pour récupérer leurs jumeaux de 6 ans. Mais le couple est serein : il trouvera forcément un voisin prêt à ramener les enfants et à s’occuper d’eux jusqu’au retour de leurs parents. 
 
Dans leur « petit paradis », comme le décrit le jeune papa, l’entraide ce n’est en effet pas ce qui manque. C’est même cela que Camille et Sandrine sont venus chercher ici, dans cet habitat partagé. « Quand on parle d’habitat collaboratif, les gens imaginent qu’on vit en communauté et qu’on élève des chèvres dans le Larzac, plaisante Camille. Ce n’est pas ça du tout ! Mes voisins restent des voisins quand je n’ai pas besoin de potes ; ils deviennent des potes le vendredi soir pour l’apéro (sourire). Je suis très pragmatique : en vivant ici, on se simplifie la vie. On retrouve une logique de village en plein cœur de Lille. Mes voisins peuvent emmener mes mômes à l’école, et inversement. Ma voisine peut ouvrir à un livreur si je reçois un colis en mon absence… Et les dix enfants qui vivent ici sont super autonomes. Ils passent leurs week-ends ensemble mais connaissent les limites des espaces partagés. Clairement, je ne pourrais plus vivre en ville autrement. »

Qu’on l’appelle groupé, solidaire, participatif, partagé ou collaboratif, cet habitat fonctionne partout de la même façon. Aux Bois-Blancs par exemple, chacun des huit foyers qui composent la résidence des « Voisins etcetera » a son propre logement avec salon-séjour, cuisine, chambres et sanitaires. Classique. Mais tous partagent aussi certaines pièces comme un immense garage, une buanderie, un jardin, une salle commune baptisée « la Vitrine »… et même une chambre d’amis d’une vingtaine de mètres carrés pour recevoir des proches. Pour les réservations de cette pièce, un planning est à la disposition des résidents. Ce n’est pas le cas pour la buanderie et ses trois machines à laver mais « il n’y a jamais de file d’attente », assure Camille. « Moi je n’y vais qu’en journée, la semaine, commente Carmen. Je suis sure de trouver une machine libre. »

À 67 ans, cette pétillante retraitée est la doyenne du groupe. Avant d’emménager avec « les Voisins etcetera », elle occupait un coquet appartement dont elle était propriétaire, à deux pas d’ici. C’est pour participer à cette aventure d’un nouveau genre qu’elle l’a revendu. « Cela faisait longtemps que je rêvais de vivre dans un habitat groupé. J’avais pris part à un premier groupe il y a une dizaine d’années mais faute de terrain disponible, on avait dû laisser tomber. Alors quand la mairie de Lille a lancé cet appel à projets (lire l’encadré), je me suis immédiatement portée candidate. » Le projet qu’elle présente alors avec un groupe d’amis n’est pas retenu. Elle est finalement repêchée par « les Voisins etcetera » qui la reçoivent en entretien. Le courant passe bien et Carmen rejoint le groupe. « Avant, je n’avais aucun contact avec mes voisins. Je suis forcément plus heureuse ici : j’adore mon appartement, mon quartier, mes voisins… J’ai été très entourée au décès de mes parents ou lorsque j’ai eu des soucis de santé. »
 
 
Carmen avoue pourtant avoir sans doute idéalisé la vie en habitat partagé. « J’avais plein de projets en tête. Mais on n’a pas toujours les mêmes envies et le même rythme de vie. Alors je m’investis dans d’autres actions. » L’ancienne psychologue a par exemple mis en place un système d’achats groupés qui fonctionne plutôt bien.
Histoire du projet
En 2011, la mairie de Lille a lancé plusieurs appels à projets participatifs et, ainsi, libéré de nombreux terrains. Celui des Bois-Blancs a été attribué à l’association « les Voisins etcetera ». Début 2018, après sept ans d’attente et de travail acharné aux côtés d’un architecte et d’un bailleur (Partenord), ils ont emménagé dans cette résidence. Un ensemble de huit logements en accession sociale, répartis dans deux bâtiments modernes et respectueux de l’environnement. « On a bossé dur, ça n’a pas toujours été facile mais aujourd’hui, on est fier parce qu’on a prouvé qu’on pouvait faire des logements qualitatifs, en zone tendue, à moins de 2 500 euros le mètre carré », souligne Camille. Dans quelques semaines, Partenord devrait lever l’option d’achat. « Les Voisins etcetera » pourront alors devenir propriétaires de leur « petit paradis ».
 
Derrière « la Vitrine »
«  On ne vit pas en vase clos », insiste Camille. Comme dans de nombreuses résidences du même genre, « les Voisins etcetera » ont fait construire un espace commun : « la Vitrine ». Une extension des salons privatifs où les voisins se retrouvent pour partager des moments conviviaux. Cet espace de 70 m2, accessible depuis la rue, est également mis à disposition des habitants du quartier qui peuvent y organiser n’importe quel événement ne revêtant ni caractère religieux, ni caractère politique.

 

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