Une coque dans un océan de verdure

Par

Karin Scherhag
Trois mots pour définir la maison ? " CLARTÉ, ADAPTÉE ET JE DIRAIS… SIMPLEXITÉ. VOUS PRENEZ LES NÉOLOGISMES ? ". Comme un bateau sur une mer de verdure, la maison d'Eric et sa famille domine la campagne ardennaise. Lumière et chaleur sont au rendez-vous.
VITE, TOUT LE MONDE À BORD ! Pour fuir le froid de l’hiver ardennais, pas une minute à perdre. Attraper la rambarde, grimper les marches et s’engouffrer dans la coque. Oui, une coque… Ou plutôt deux. Celles qui tel un écrin métallique renferment la maison d’Éric et sa famille. Parmi les tôles de bâtiments agricoles, elle ne détonne même pas. Inspirée de l’architecture navale, cette demeure inclassable est le fruit de l'imagination du Carolo Éric Lenoir, prix de l’ordre des architectes en 2013. Entrer dans ce vaisseau, c’est déjà faire le voyage. Car à l’intérieur, la nature vient à vous. L’espace est entièrement ceinturé de baies vitrées. Des pâtures et bosquets comme horizon des chambres jusqu’à la cuisine. « On a très peu de déco, nos tableaux, vous les avez là ! On a nos repères avec le soleil, on sait que l’été, il sera entre les deux arbres là-bas. On voit des animaux passer aussi, ça bouge. »
PRENDRE DE LA HAUTEUR. Bien perchée, la maison vous fait prendre de la hauteur. Au sens propre comme au figuré. Le paysage, la clarté qui s’offrent à vous invitent à la sérénité, à souffler, revoir vos priorités. « On est plus haut, je trouve que ça se sent, note Éric, qui a ouvert deux chambres d’hôtes indépendantes, situées sous la maison. Les Parisiens qui viennent trouvent du calme, un beau paysage. Ils se mettent au vert. » Sur 100 m2, deux chambres, salles de bain, cuisine et salon. Et pourtant, la vue et la circulation ne sont aucunement entravées. Il faut dire que les cloisons ne montent pas jusqu’au plafond et le blanc a été privilégié, égayé par quelques touches de couleur. « Tout ce qui est dérangeant, le chauffe-eau, le frigidaire, l’électroménager, même les poubelles de tri, a été intégré. » Et contrairement à ce qu'on pourrait attendre, sobriété ne rime pas avec austérité. Loin d’être un décor en papier glacé, on y vit dans cette maison. De la chaleur, elle en est baignée ! Celle du soleil qui à travers le vitre caresse votre peau, celle du bois qui, allié à l’aluminium, ravive l’authenticité de la bâtisse et enfin celle de ses occupants, réunis comme ce dimanche autour d’un thé. « Quand on est ici, ensemble, à l’intérieur, c’est simple, on n’a même pas envie de sortir. » Éric et sa famille ont enlevé le superflu, pour ne garder que l’essentiel.
 

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