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Les locations étudiantes « ballotées » par la crise du Covid

Les locations étudiantes « ballotées » par la crise du Covid

Par

Karin Scherhag
Les locations étudiantes « ballotées » par la crise du Covid
Cours à distance et vie sociale mise entre parenthèses : depuis octobre, les étudiants sont nombreux à résilier le bail de leur logement. Dans la métropole lilloise, le nombre de biens disponibles à la location a ainsi plus que doublé en fin d’année dernière. Crédits photos : Sébastien Jarry, Stéphane Mortagne et Philippe Pauchet.

Olivia et Luc n’ont pas des revenus mirobolants. Pourtant il y a trois ans, ce couple de quadras a sauté le pas en achetant un studio tout juste rénové à deux pas du centre-ville de Lille et des gares. « On sait très bien qu’on n’aura pas de retraite ou alors une très petite pension. En se constituant un patrimoine immobilier dès maintenant, on espère mettre un peu de beurre dans les épinards pour nos vieux jours (rires) ». Aussitôt mis sur le marché, l’appartement du couple s’est loué en quelques jours. « On n’a pas choisi l’emplacement au hasard, on savait qu’on trouverait toujours des étudiants-locataires », explique Olivia.

La crise du Covid a pourtant tout chamboulé. Depuis l’annonce du deuxième confinement, fin octobre dernier, le studio reste désespérément vide. Originaire de Nancy, la dernière locataire a préféré rentrer chez ses parents pour y suivre ses cours en visio. « Depuis octobre, un certain nombre d’étudiants ont résilié leur bail, confirme Emmanuel Chambat, président de la chambre Nord de la FNAIM, la Fédération nationale des agents immobiliers. Le marché immobilier le plus balloté en ce moment, c’est bien celui de la location étudiante.  »

Après une cohue « comme on n’en avait jamais connue » en juillet et en août – les agences immobilières lilloises étaient prises d’assaut par les étudiants - les résiliations de bail « se sont faites en deux temps ». « Bizarrement, on en a eu peu cet été mais depuis le mois d’octobre, les étudiants qui peuvent rentrer chez leurs parents rendent leur appartement », poursuit Emmanuel Chambat. En décembre, le stock d’appartements disponibles à la location dans la métropole lilloise a plus que doublé : 200-250 biens contre 100 « grand maximum » pour un mois de décembre traditionnel. Les autres villes universitaires du Nord et du Pas-de-Calais (Valenciennes, Cambrai, Douai, Dunkerque, Arras) sont moins soumises à ce phénomène « parce qu’à Lille, on a une surreprésentation des logements étudiants, de l’ordre de 50 % de plus que dans les autres métropoles régionales ». Les petites surfaces (T2 ou moins), majoritairement loués par des étudiants, représentent 60 % du marché locatif lillois (quelque 110 000 logements* sont loués sur le territoire de la Métropole européenne de Lille). En comparaison, ils représentent 35 à 42 % du marché dans des villes comme Lyon, Nantes ou Toulouse.

* Chiffres de décembre 2020.

Les locations étudiantes « ballotées » par la crise du Covid

Économiser un loyer

Pour Emmanuel Chambat, la donne est simple : « Les étudiants raisonnent en termes d’économies : ils ne voient pas l’intérêt de payer un loyer pour rester derrière un écran d’ordinateur toute la journée. Ceux qui le peuvent reviennent en voiture ou en train pour un examen, un TD ou un cours en présentiel. » C’est le cas notamment de Marjorie, la dernière locataire d’Olivia et Luc, rentrée à Nancy après l’annonce du deuxième confinement. « Je me voyais mal demander à mes parents de continuer à payer mon loyer alors que ce que je faisais à Lille, je pouvais tout aussi bien le faire chez eux. Bien sûr, ça n’a pas été facile de renoncer à mon indépendance mais c’est une situation passagère. Dès que je le pourrai, je reviendrai à Lille. J’espère alors que je retrouverai un appartement sans trop de difficulté. » Certains de ses amis de promo sont au contraire « bloqués » à Lille. « Ils viennent de trop loin et n’ont pas la possibilité de faire des allers-retours quand bon leur chante. »

La location étudiante reste un investissement fiable

Malgré ce revers, les professionnels de l’immobilier ne constatent pas de désaffection des propriétaires : pas de projet avorté, ni de biens mis en vente en raison du contexte sanitaire, assure Emmanuel Chambat. « Loin s’en faut, réagit-il. Ce qu’on observe-là reste limité à une courte échelle de temps. Or un investissement immobilier se fait sur du long terme. On sait bien que les universités ne vont pas déménager et que tous les cours n’auront pas éternellement lieu en visio. » Son conseil ? Mettre à profit cette période de vacance locative pour faire les travaux nécessaires dans les logements. « On va doucement sortir du couvre-feu au fur et à mesure que la campagne de vaccination va avancer et on arrivera en juin-juillet, période de bascule universitaire et donc de demande locative très forte. Il faudra que les biens soient prêts à être loués. »

Souvent mise en avant pour son faible investissement de départ et sa rentabilité rapide et moins risquée, la location étudiante reste-t-elle un investissement sûr en période de pandémie ? « L’un des plus fiables, répond le président de la FNAIM Nord. À condition de respecter ces deux critères : le bon emplacement (dans une métropole universitaire) et un bien conforme aux attentes du marché. Avec internet, les comparaisons sont faciles et il faut donc proposer des logements bien entretenus. »

Assurance carence locative, le bon plan ?

Les professionnels de l’immobilier sont nombreux à proposer à leurs clients propriétaires-bailleurs de souscrire une assurance carence locative. Celle-ci a évidemment un coût : 3 à 4 % du montant de l’emprunt. « Mais pour un investissement sur quinze ou vingt ans, ça vaut la peine de se prémunir de ce type de risque », analyse Emmanuel Chambat.

Préavis de départ : il dépend de la commune

En zone tendue (toutes les communes de l’agglomération lilloise), le locataire dispose d’un préavis de départ réduit à un mois. Il peut donc très rapidement rendre les clés de son logement, en cas d’imprévu par exemple. Dans toutes les autres communes du Nord et du Pas-de-Calais, ce préavis est de trois mois.

    

 

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