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Âmes sensibles s'abstenir : la grande Jeannette hante la place Rémoise

Par

Instant Rémois
Désolée de plomber l'ambiance mais il faut aussi parler des heures sombres de la place d'Erlon, autrefois appelée Place de la Couture. A une époque où la justice faisait moins de chichis qu'aujourd'hui.

La place d’Erlon n’a pas toujours été un lieu de détente et de shopping où les garçons matent les filles en terrasse et viceversa. Remontons au 16 février 1786. Ce jour-là, l’ambiance est sensiblement différente. C’est l’hiver, certes, mais surtout, l’atmosphère n’est pas à la gaudriole. L’affaire se déroule au carrefour où trône désormais la fontaine Subé. C’est là que se déroule la mise à mort de Jeanne Delozanne, après une séance de torture publique pas piquée des hannetons qui aura toutefois le mérite d’être la dernière en France. Du moins en public… L’héroïne du jour, si tant est qu’on puisse parler d’héroïne s’agissant d’une femme coupable d’avoir tuer sept personnes, est plus communément appelée la Grande Jeannette. Elle a été préalablement condamnée à la roue (rien à voir avec les grandes roues d’aujourd’hui) et à la pendaison jusqu’à ce que mort s’ensuive.

A chaque coup de marteau, les os étaient progressivement broyés. Mais, comme les juges voulaient en savoir un peu plus sur le rôle de ses comparses, ils lui font subir, en guise de préliminaire, le supplice dit « des brodequins ». Pour bien comprendre la mécanique, il faut être attentif et accrocher sa ceinture : La pratique consistait à placer deux planches autour de chaque jambe, puis de passer une corde autour du dispositif, de bien serrer le tout et d’enfoncer des coins en bois en haut et en bas, entre les deux planches. Vous suivez ? À chaque fois que les aveux n’étaient pas très clairs, les bourreaux enfonçaient les coins en bois. Par voie de conséquence les jambes étaient de plus en plus comprimées et tordues, les os finissaient par être broyés, et la douleur était tout sauf exquise. (Le type qui avait imaginé ce dispositif devait sûrement être un grave psychopathe). Autant dire qu’à ce régime-là, les suppliciés étaient tentés d’avouer n’importe quoi. On comprend que la Grande Jeannette, ainsi dénommée car elle mesurait 6 pieds (1,80 m) n’ait pas été très claire dans ses explications. Et qu’un certain flou ait subsisté sur le rôle des uns et des autres lors de l’expédition meurtrière au moulin de Cuissat (ancien moulin de Prouilly). Désormais, c’est sûr, vous regarderez la fontaine Subé autrement…

Le septuple meurtre&nbsp;du moulin de Cuissat. En deux mots : furieuse que les tribunaux aient autorisé la&nbsp;famille Fauvet à occuper le moulin qu&rsquo;elle aurait tant voulu&nbsp;habiter, la Grande Jeannette avait décidé de se rendre&nbsp;chez les Fauvet, en pleine nuit, avec d&rsquo;autres malfrats et une&nbsp;masse de cordonnier. Une fois sur place, la petite bande avait&nbsp;massacré méthodiquement, les deux employés, le mari et la&nbsp;femme, ainsi que les trois enfants.</span></div>

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