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Immobilier : À Villeneuve-d’Ascq, cette famille veut vivre en colocation avec six seniors

Par

Karin Scherhag
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Florence, Pierre et leurs deux filles veulent opérer un changement de vie radical : emménager dans une grande maison qu’ils partageront avec des personnes âgées isolées mais autonomes. Objectif : « repousser au maximum la perte d’autonomie » de leurs colocs’. Crédit photo : Florent Moreau

C’est un projet qui n’a sans doute pas d’équivalent en France. « J’ai fait des recherches, je n’ai rien trouvé d’identique », constate Florence Rouvillain. Avec Pierre, son mari, Charlie et Alexie, leurs deux filles âgées de 9 et 6 ans, la Villeneuvoise a décidé de se lancer dans une aventure humaine incroyable : vivre en colocation avec six seniors isolés mais autonomes. Âge minimum des futurs colocs’ ? 65 ans. « Il existe des colocations de personnes âgées ; des personnes âgées qui louent une chambre de leur logement à un étudiant ; des accueillants familiaux pour les personnes en perte d’autonomie ; de l’habitat groupé. Mais ce qu’on va proposer, une maison familiale partagée, ça n’a pas d’équivalent », poursuit-elle.
Ce qu’envisagent Florence et Pierre, c’est de partager leur quotidien avec leurs futurs colocataires. « Chacun aura sa chambre et dans l’idéal sa salle de bains. Mais la cuisine, la pièce de vie, le jardin, les repas et de nombreuses activités seront partagés », détaille Pierre. Comme une vie de famille classique. « Ça fait longtemps qu’on y réfléchit mais l’occasion ne s’était jamais présentée. Et puis un jour, les planètes s’alignent et on se dit qu’il faut y aller. » Le confinement a été un élément déclencheur. « L’isolement est un grave facteur de perte d’autonomie et dans le contexte actuel, notre projet peut se révéler vraiment utile. Notre objectif, c’est de repousser au maximum cette perte d’autonomie. »
Pierre est ingénieur informatique et gardera son travail, Florence renoncera à son poste d’ingénieur en environnement pour se consacrer pleinement à La RouVilla, la maison des Rouvillain. C’est lors du premier confinement en France, au printemps 2020, que le couple commence à travailler « en off ». Il multiplie les visites d’établissements pour personnes âgées, réfléchit au financement, monte un business plan. La mère de famille profite aussi de cette période pour réaliser un bilan de compétences, suivre une formation lui permettant de monter une structure d’accueil, apprendre à créer un site internet. « C’est mon projet challengeant, je veux faire quelque chose qui a du sens », annonce-t-elle.

Les Rouvillain veulent « recréer un cocon familial »

Florence connaît bien le monde de la gériatrie. « Ma maman a travaillé vingt ans à l’hospice Barbieux, à Roubaix, dans le service de fin de vie. J’avais l’âge de mes enfants quand elle a commencé à m’y emmener. Les hospices de l’époque n’avaient rien de comparable avec les Ehpad d’aujourd’hui et j’ai mis du temps à digérer cette expérience. Mais l’âge avançant, je me suis interrogée sur les solutions existantes pour mes grands-parents, pour mes parents, et je n’ai rien trouvé qui me convienne vraiment. » C’est comme cela qu’a germé l’idée de maison familiale partagée. « Notre concept n’a rien de très novateur, il s’agit simplement de recréer un cocon familial. » Un mode de vie aujourd’hui désuet, que les Villeneuvois veulent remettre au goût du jour. Si leur concept d’habitat partagé avec des seniors fonctionne, Florence et Pierre souhaitent qu’il soit copié partout en France.
Et parce qu’elle pense que ça peut être la solution pour rompre l’isolement des aînés, la famille a choisi de s’engager pleinement dans son projet. Première étape, vendre la maison familiale actuelle pour investir dans une grande demeure de 300 ou 350 m², à Villeneuve-d’Ascq, Roubaix ou Tourcoing. Un périmètre défini notamment en fonction de l’école de Charlie et Alexie. « On les embarque dans notre projet et la promesse qu’on leur fait en contrepartie, c’est de ne pas les séparer de leurs copines. » « Notre vie va changer mais c’est une bonne chose, commente la plus grande des deux filles. Beaucoup de gens sont isolés et ne se sentent pas bien. En vivant tous ensemble, on pourra s’apprendre plein de choses. Moi j’ai déjà prévu de leur montrer comment faire du monocycle et réussir un Rubik’s Cube ! » La maman, elle, est persuadée que « la transmission se fera dans les deux sens » même s’il y aura « peut-être des moments difficiles comme dans toutes les familles. »

Des premiers contacts ont déjà été établis avec des seniors

Grâce au bouche-à-oreille, des premiers contacts ont déjà été engagés avec des seniors. Il y a Monique-Marie, 67 ans, divorcée et mère de deux enfants expatriés. Retraitée depuis un an, elle a du mal à recréer du lien social et envisageait même d’entrer en Ehpad. Elle a rencontré les Rouvillain à plusieurs reprises et l’alchimie a opéré. « On va vivre tous ensemble alors c’est important d’apprendre à se connaître avant et de s’assurer qu’on partage la même philosophie et que le courant passe bien. » Il y a quelques jours, Lucette, 79 ans, s’est également manifestée. Malgré une vie sociale bien remplie, la dame souffre de son récent veuvage et de l’éloignement géographique de ses enfants.
Pierre et Florence espèrent trouver la maison idéale en septembre. Une fois acquise, ils pourront s’y installer. « Au démarrage et pour que le projet soit viable, il faudra qu’on ait réuni au moins six colocataires », calcule Florence. Tous partageront le loyer, les charges courantes et les frais annexes. La famille espère aussi pouvoir bénéficier d’aides publiques, ce qui représenterait un joli coup de pouce pour se lancer.
Pour contacter La RouVilla : florence@larouvilla.fr ou 06 07 03 82 68.

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