Déco : fabriquer des meubles en carton

Par

Karin Scherhag
Juliette Wannebroucq anime l’atelier Val’Cartonne à Villeneuve-d’Ascq. Un lieu chaleureux où ses élèves viennent fabriquer leurs meubles en carton. Tabouret, tête de lit, méridienne ou meuble télé : le carton de récupération permet de créer des objets solides et écolos. 360m2 a tenté l’expérience. (photos Pascal Bonnière).

Élève de la première heure de l’atelier Val’Cartonne, Juliette Wannebroucq en a repris les commandes il y a cinq ans. Du mardi au samedi, elle accueille les élèves dans son atelier de Villeneuve-d’Ascq qui sent bon le carton et la joie de vivre. Ici, en petit groupe de cinq personnes, on apprend à fabriquer toutes sortes de meubles en carton. Une matière première que la prof récupère dans les entreprises alentour.

La formule découverte (49 €) dure trois heures et permet à l’élève de repartir avec un tabouret créé de ses petites mains. Envie de réaliser un meuble sur mesure ? Choisissez le stage de 30 heures (390 €) : le temps nécessaire pour dessiner le patron, monter et décorer une pièce unique. Tête de lit, canapé, coiffeuse, étagère, lampadaire ou meuble télé... La seule limite sera votre imagination. « Au bout de trente heures, vous avez un meuble et un savoir-faire », souligne Juliette.

Dans son atelier, se croisent des écolos convaincus, des bricoleurs, des curieux et ceux qui n’arrivent pas à trouver en magasin le meuble qui leur convient. Certains reviennent depuis des années. Comme Jocelyne, qui crée tour à tour des meubles pour elle, pour sa fille et pour sa petite-fille. Ce qui rend l’ambiance particulièrement conviviale ici, c’est que chacun est affairé à son projet et travaille à son rythme, sans juger l’avancée de son voisin.
 

Pour 360m2, nous avons testé la formule découverte. Juliette nous amène donc le kit de démarrage : du carton de récupération, bien sûr, mais aussi un bon pistolet à colle, un cutter, une règle lourde, une planche à découper, un mètre ruban et un crayon à papier. Rien de plus. C’est parti pour trois heures à mesurer, couper, coller… avec en ligne de mire un tabouret original. On découvre rapidement que le cartonnage a beaucoup de points communs avec la menuiserie, à commencer par les techniques de fabrication : traverse, superposition ou lambourdage, selon la forme qu’on souhaite donner à l’objet.

Pour donner sa résistance à notre tabouret, on ne lésine pas sur les renforts : des plaques perpendiculaires à l’assise, de différentes longueurs. Et on prend soin de les coller en laissant toujours apparaître le côté alvéolé du carton. « Dans l’autre sens, le carton s’affaisse », insiste Juliette. On vient ensuite coller la seconde face de notre tabouret. Avec un bon pistolet à colle, cette étape est assez rapide. Il faut ensuite « fermer » le tabouret en plaquant de longues pièces de carton tout autour. Pièces qu’on a assouplies au préalable pour leur permettre de prendre la forme particulière de notre meuble.
 
Une fois cette opération terminée, notre tabouret a son allure finale. Reste à solidifier encore l’assise (qui ne craindra même plus les talons aiguilles !) avec du carton plus épais, comme celui des calendriers d’entreprise. La découpe au cutter est alors plus physique. On fixe ensuite le tout avec du kraft gommé, plus naturel que le scotch, et on n’oublie pas les arrêtes du tabouret.
 
Ne reste plus qu’à choisir la déco. Juliette nous propose une large gamme de papiers népalais. Fait uniquement à base d’eau et de fibre de lokta, un arbre qui mue, ce papier est ultra naturel puisqu’il ne contient ni colle ni solvant. Après quelques minutes d’hésitation, on choisit un coloris taupe pour l’assise et un bleu canard, très tendance, pour le reste de notre tabouret qui devrait faire sensation dans notre intérieur. « En général quand vous sortez d’ici avec votre meuble, vous êtes assez fier de vous », sourit Juliette. On ne peut que lui donner raison.
 
Atelier Val’Cartonne, 65, rue du Petit Pont à Villeneuve-d’Ascq.
Tél. : 06 88 46 27 18. valcartonne.com
 

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