Visite virtuelle ! Tous les conseils pour votre projet.
Rencontrez les acteurs de l'immo et de la déco sur notre site 360m2

La deuxième vie du bassin minier

La deuxième vie du bassin minier

Par

Karin Scherhag
La deuxième vie du bassin minier
Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2012 en tant que « paysage culturel », le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais offre aussi un patrimoine architectural unique. Signé en 2017, l’Engagement pour la rénovation du bassin minier (ERBM) du Nord et du Pas-de-Calais prévoit le financement, à hauteur de 10 millions d'euros par an, d'un vaste plan de réhabilitation des cités minières. Il se traduira par la rénovation de 23 000 logements, de Béthune à Valenciennes. D’anciennes cités minières ont déjà repris leur destin en main avec brio. Tour d’horizon. Crédits photos : Sami Belloumi, Édouard Bride, Pascal Bonnière, Ludovic Maillard, PIB et Thierry Thorel.

À Bruay-la-Buissière, la cité des Électriciens se cultive

Plus ancienne cité minière préservée du Nord et du Pas-de-Calais (elle a été construite entre 1856 et 1861), la cité des Électriciens doit son appellation d’usage aux noms des rues qui la composent (Ampère, Volta, Coulomb, Faraday…). Le coron de Bruay-la-Buissière témoigne de la progressive évolution de l’habitat ouvrier au XIXe siècle et incarne en cela un exemple concret de l’architecture des premiers corons. Sa configuration n’a pas changé depuis sa construction : sept barreaux parallèles à la rue Anatole-France et deux barreaux perpendiculaires. La conservation des carins et des voyettes renforce encore son caractère originel.

À Bruay, l’activité minière s’arrête en 1979 et la cité se vide progressivement de ses habitants. Elle devient un lieu de mauvaise réputation. Elle accueille pourtant le tournage de Bienvenue chez les Ch’tis en 2007 mais il faut attendre 2013 pour que des travaux de réhabilitation y soient entrepris. Quinze millions d’euros et cinq ans de travaux plus tard, la cité des Électriciens s’est mue en lieu culturel qui fait la part belle au quotidien des mineurs dans son centre d’interprétation. Exemple de réhabilitation réussie, la cité abrite aussi des logements sociaux, un gîte moderne et accueille régulièrement des artistes en résidence.

La deuxième vie du bassin minier

À Oignies, la musique résonne au 9-9 bis

La cité d’Oignies est un site emblématique de l’histoire minière. En juin 1842, c’est ici que le charbon est découvert pour la première fois dans le Pas-de-Calais, à l’occasion de travaux menés dans l’actuel bois des Hautois. La construction de la fosse 9-9 bis commence en 1928 pour une première extraction cinq ans plus tard. Le site produit plus de quatre millions de tonnes de charbon jusqu’à sa fermeture le 21 décembre 1990.

En 1992, le réalisateur Claude Berri y tourne une partie de son Germinal. Grâce à l’obstination d’une association d’anciens mineurs, les bâtiments et les machines qu’ils contiennent sont classés Monuments historiques. La Communauté d’agglomération Hénin-Carvin en fait l’acquisition en 2003 et entreprend sa reconversion en site culturel dédié aux musiques actuelles et populaires. En 2013, le carreau de fosse voit naître le Métaphone, une salle de spectacle jouant le rôle d’instrument avec ses façades produisant et diffusant des sons. Le Métaphone est un bâtiment hybride : architecture résolument contemporaine et toiture photovoltaïque accueillant 186 panneaux pour une production annuelle de 37 000 kWh (la consommation annuelle de quatre foyers de quatre personnes équipés de chauffages électriques, ndlr). En 2016, l’ancienne salle de douches est quant à elle transformée en plateau de danse, auditorium et studio de répétition.

À Lewarde, la fosse Delloye transformée en Centre Historique Minier

La réhabilitation de la cité minière de Lewarde n’est pas récente. En 1984, treize ans après la fermeture de la fosse Delloye, le site converti en musée ouvre ses portes au public. Le Centre historique minier devient rapidement le plus important musée de la mine en France et l'un des tous premiers d'Europe. Il accueille environ 150 000 visiteurs par an.

Certifié « Musée de France », le Centre historique minier expose au public 270 ans d’histoire minière, les installations d’une fosse du XXe  siècle et des galeries reconstituées. Outre un centre de ressources, riche d’une collection de 7 000 ouvrages, 550 000 documents photographiques et plus de 500 films, il abrite un Centre de culture scientifique de l’énergie (CCSE) dédié aux énergies d’aujourd’hui et de demain. Des expositions temporaires s’y tiennent également.

Classé au titre des Monuments historiques depuis 2009, le Centre historique minier a été au cœur d’un grand chantier de restauration mené par le Conseil Régional des Hauts-de-France – propriétaire du site - entre 2015 et 2018. Pendant plusieurs mois, le triage-criblage, le chevalement du puits n°2 et la passerelle qui relie les deux puits de l’ancienne fosse Delloye ont subi une importante restauration, sous la houlette de l’architecte des Bâtiments de France. La réhabilitation des bâtiments conjugue à merveille respect du patrimoine existant et architecture contemporaine, avec sa structure faite de métal et de verre.

La deuxième vie du bassin minier

À Wallers-Arenberg, le site minier fait son cinéma

Au pied des trois chevalements du site minier de Wallers-Arenberg classé Monument historique depuis 1992, on reconnaît le décor du film Germinal avec ses quarante maisons de coron traditionnelles. Laissées à l’abandon pendant quinze longues années, cédées en 2001 par la mairie de Wallers pour le franc symbolique à l’Opac (Office public d’aménagement et de construction), elles ont été réhabilitées dans le respect de l’architecture des corons du début du XXe  siècle (même les volets battants en bois ont été remplacés à l’identique). Le rythme des façades a lui aussi été préservé avec cette alternance caractéristique de maisons doubles séparées par un jardinet, où se dresse un appentis en briques. Quatre de ces bâtisses ont été transformées en gîte minier et, depuis 2002, les visiteurs se succèdent : passionnés d’histoire, cinéphiles ou amoureux de la Petite Reine qui se pressent ici pour voir passer les coureurs du Paris-Roubaix sur la trouée d’Arenberg.

L’ancienne fosse abrite quant à elle une partie des bureaux de la Communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut, qui a entrepris une réhabilitation complète du site. Et lui a donné une nouvelle identité : Arenberg Creative Mine. Un projet mené en partenariat avec l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis pour faire de ce site historique un lieu dédié à l’image et aux médias numériques.

Thématiques associées

Autres articles