Le Vieux-Lille, terre d'art et d'histoire

Par

Frédérick Lecluyse
Flânerie dans le quartier du Vieux-Lille, autrefois temple du commerce de la laine, devenu aujourd’hui un spot touristique très prisé par nos voisins belge.
On le compare souvent à Bruges ou Gand. Ici, si on (re)parle souvent flamand ou néerlandais, c’est parce que le Vieux-Lille est le spot à la mode du tourisme transfrontalier. Phénomène contemporain qui exhume néanmoins le temps du commerce de la laine et de la grande foire médiévale. Tout, ici, de la rue des Chats-Bossus – calembour patoisant – au passage des Trois-Anguilles, est intimement relié à l’histoire. Même si la naissance de la ville demeure une énigme, celle du Vieux-Lille – sauvé de justesse il y a un demi-siècle – remonte plus sûrement aux alentours du IXe. C’est entre 800 et 900 que la puissante motte féodale, dont les contours sont toujours visibles au chevet de la cathédrale, est érigée.
S’y promener aujourd’hui, c’est remettre les pieds au Moyen-Âge. C’est toucher du doigt la collégiale Saint-Pierre (1066) dont la crypte gît sous l’actuel palais de justice, verrue bétonnée sur un corps de beauté. Le Vieux-Lille, c’est l’âme de Lille… Le commerce, qui s’y est refait une place de choix, vous y attend pour les soldes. Mais le badaud fera surtout la bonne affaire en découvrant le périmètre de la place aux Oignons, ses ruelles adjacentes aux pavés lumineux, « ses courettes et ses viell’s masons incor propettes », comme l’écrivait déjà le père du P’tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux.
Depuis la cour d’honneur de l’hospice Comtesse, triptyque ouvert sur trois siècles (du XVe au XVIIIe) d’histoire lilloise, jusqu’à la place Louise-de-Bettignies, il n’y a qu’un pas et un jardin. C’est là que s’élève, havre de l’ordonnance et du rang, la maison de Gilles de la Boé dont la fondation date de 1636. C’est ici qu’on mesure les influences et les subtilités de la Flandre à la France.
En ouvrant les yeux, on découvre la richesse de la ferronnerie d’un porche, les demeures fastueuses construites après l’annexion de Lille par Louis XIV en 1667 qui mènent le visiteur de la vieille ville à la citadelle depuis la rue Royale, la bien nommée. C’est aussi s’intéresser, in fine, à Notre-Dame de la Treille ; cette cathédrale dont la construction a commencé en 1856 pour s’achever en… 1999 par un étonnant voile de façade en marbre translucide orné d’un vitrail et de bronzes, œuvres des artistes Kijno et Jeanclos. Ecrit par Frédérick Lecluyse