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L’"Excentric" quartier Art Déco de Dunkerque

L’"Excentric" quartier Art Déco de Dunkerque

Par

Karin Scherhag
L’"Excentric" quartier Art Déco de Dunkerque
Vous avez dit Excentric ? Cette semaine, 360m2 vous emmène à Dunkerque à la découverte d’Excentric. Ce quartier Art Déco est né à la fin des années 1920 de l’imagination de François Reynaert. Enfant de Rosendaël, artiste reconnu, il s’est avec succès improvisé architecte pour laisser un héritage unique. Crédit photos : Johan Ben Azzouz

En ce bel après-midi de septembre, nous ne sommes pas les seuls curieux venus à Dunkerque admirer les façades colorées du quartier Excentric. Un quartier qui se résume en fait à deux rues en forme de U, bordées de villas Art Déco construites entre 1927 et 1939 dans le faubourg de Rosendaël.

Arrivé de Mayenne pour quelques jours de vacances dans le Nord, ce couple déambule dans les rues, le nez en l’air et le Guide Vert Michelin à la main. « On ne voulait pas quitter la région sans avoir pu visiter cet endroit », expliquent les retraités, heureux d’avoir fait le détour. Car si le célèbre guide touristique fait la part belle à l’Excentric dunkerquois, c’est que ce petit bout de quartier a quelque chose d’unique, avec ses villas pensées comme des œuvres d’art.

L’"Excentric" quartier Art Déco de Dunkerque

Chacune d’entre elles nous livre un peu de l’histoire de son créateur, François Reynaert. Passionné de peinture et amateur d’art, ce fils de maçon né à Rosendaël en 1887 décroche une bourse d’études lui permettant d’intégrer l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Il s’y fait rapidement remarquer et remporte quelques prix, dont la médaille d’or à l’exposition des arts décoratifs de 1925.

Après la Première Guerre mondiale, il enseigne le dessin et commence à se passionner pour l’architecture, admirant le travail des modernistes que sont Mallet-Stevens, Le Corbusier et Mondrian. En 1927, sans aucun diplôme d’architecte, il décide de construire sa première maison : « L’Escargot » voit le jour rue Carnot, au cœur du quartier natal de Reynaert. Sa carrière d’architecte est lancée : il acquiert un terrain maraîcher et y construit 35 villas en douze ans. Trois de ses maisons sont détruites pendant la Seconde Guerre mondiale. D’autres sont, depuis, laissées à l’abandon. A l’instar des « Disques » (1) aujourd’hui en ruine (et en vente) après avoir accueilli le premier disquaire de Dunkerque.

Presque toutes inscrites à l’inventaire des Monuments historiques, une vingtaine de maisons se dressent encore fièrement. Les plus remarquables ? « Les Cubes » (2) et cette façade bleue parsemée de cubes qui semblent tomber du ciel. A l’intérieur de la maison, toutes les pièces mesurent quatre mètres sur quatre ; à quelques mètres de là, «   Le Pylône » (3) vert d’eau et ses faux airs de villa miaméenne entourée de palmiers ; « Ma Coquille » (4) jaune d’œuf avec sa façade déstructurée sans nulle autre pareille, seule classée Monument historique. Les noms s’égrènent au rythme de la visite et l’on comprend l’attachement profond de François Reynaert à Mère nature : « L’araignée » (5) côtoie ainsi « Les Cygnes », « Les Roses », « Les Poissons », « Les Eglantines », « Les Canaris » et « Les Cigognes » avec leur escalier en forme d’aile d’oiseau déployée. Sans avoir besoin de le chercher, on découvre aussi l’ancien dancing « Excentric Moulin », paradis perdu des amoureux dunkerquois. Le portail (6) et une partie du mur d’enceinte sont d’époque et dissimulent une villa bien plus classieuse.

L’"Excentric" quartier Art Déco de Dunkerque

On cherche, on tourne, on revient sur nos pas, tentant désespérément de trouver « Les Copeaux » et la « façade qui s’enroule comme entaillée par un rabot » indique la plaque gravée à l’entrée du quartier. Par chance, on finit par rencontrer sa propriétaire. « Quand nous avons acheté la maison, en 1979, les copeaux qui se trouvaient au-dessus de la porte d’entrée avaient déjà disparu », regrette-t-elle. Son époux et elle ont également acquis la maison mitoyenne, « Les Oves », et réuni les deux bâtisses. La Dunkerquoise ne boude pas son plaisir de vivre ici. « On ressent une vraie fierté d’habiter un quartier comme celui-ci. On aimerait recréer les copeaux de la façade et le nom de la villa en fer forgé pour lui redonner son aspect d’antan. » Une promesse pleine d’espoir.

Comment s’y rendre ? Excentric se trouve dans le quartier Rosendaël à Dunkerque. Cherchez la rue Eugène-Dumez. Vous apercevrez alors une rangée de quatre maisons Art Déco, dont la très reconnaissable villa bleue « Les Cubes » et aussi ce qu’il reste des « Disques », à l’angle de la rue Martin-Luther-King.

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