Lille : SKØG et ses meubles en kit éco-responsables

Par

Karin Scherhag
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Dans son atelier lillois, Camille Crépin dessine et fabrique des meubles en bois à monter soi-même et à personnaliser à l’envi. Du bois issu de forêts gérées durablement, sans ajout de colles toxiques. La cerise sur le gâteau ? Pour chaque objet acheté chez Skøg, un ou plusieurs arbres sont replantés. Crédits photo Pascal Bonnière et Repro La Voix
A l’aube d’entamer sa nouvelle vie, Camille Crépin a le sourire. « J’oscille entre appréhension et excitation, avoue-t-il, mais on n’a qu’une vie et si je ne me lance pas maintenant, j’ai peur de ne jamais le faire.  » En février prochain, le Laventinois quittera le bureau d’études qui l’emploie depuis treize ans pour se lancer, seul, dans la conception et la fabrication de mobilier en bois, en kit et écoresponsable. « J’ai commencé en fabriquant des meubles pour mon usage personnel, dans mon garage  », se souvient-il.
 
 
Un jour, il conçoit un coffre à jouets multifonctions pour son fils. Un objet décoratif qui sert à la fois de bac de rangement, de bibliothèque, de trotteur, de bureau et même de jeu éducatif puisqu’il est accessoirisé d’une boîte à formes. « Tout le monde a trouvé ça génial », sourit Camille. Skøg était né. En début d’année dernière et en parallèle de son emploi, le jeune papa commence donc à dessiner différents prototypes. Instructeur bois au TechShop de Lille, un atelier partagé, il profite des installations pour réaliser ses premiers modèles. Huit meubles naissent rapidement : lampes, fauteuil, table basse, tabouret, piédestal et autre bureau mobile aux lignes épurées, scandinaves et… en bois. « Ce que je voulais surtout, c’était donner davantage de sens à ce mobilier. Aujourd’hui, tout est du consommable, regrette-t-il. Un objet ne nous plaît plus ? On le jette et on le remplace ! »
 

Camille Crépin imagine donc un kit complet permettant à ses clients de participer à la fabrication de leur mobilier. « Le concept du «   faire soi-même   » crée un attachement particulier à l’objet et engendre une certaine fierté. » Le kit comprend donc une notice de fabrication (c’est mieux !), ainsi qu’une petite scie, du papier et un bloc à poncer, un tube de colle et les panneaux de bois prédécoupés. Comptez une heure trente pour réaliser votre tabouret, quatre heures pour le fauteuil. Des objets ensuite personnalisables et customisables à l’envi afin de rendre votre meuble vraiment unique.

Des arbres plantés pour chaque meuble acheté

Mais ce qui rend le concept du Nordiste vraiment original, c’est son aspect écoresponsable. « Les meubles en kit, ce n’est clairement pas ce qu’il y a de mieux, annonce Camille. Ils sont généralement fabriqués à partir de panneaux de particules collés, qui dégagent du formaldéhyde, un gaz cancérigène. Ces meubles sont en plus fragiles, supportent mal les déménagements et les démontages et sont difficiles à recycler car ils contiennent énormément de pièces de visserie. » Skøg propose une alternative écologique : des panneaux composés de fines couches de bouleau massif, pauvres en formaldéhyde, et issus de forêts finlandaises gérées durablement et labellisées. « Le bouleau est un matériau stable, robuste et résistant à l’humidité, explique le Laventinois. J’aurais pu choisir du chêne ou du hêtre de la région mais les tarifs auraient explosé. »
 
Pour aller au bout de sa démarche, Camille Crépin s’est associé à Reforest’Action. Pour l’achat d’un meuble Skøg, un ou plusieurs arbres sont plantés. De un à trois selon le niveau de difficulté du montage.
 

Une campagne de financement réussie

Lancée sur internet en septembre, la campagne de financement participatif de Skøg devait durer 40 jours et permettre à Camille de récolter les 5 000 euros nécessaires à la production de ses premiers meubles. « On a finalement atteint 130 % de l’objectif et réuni 6 500 euros  », se félicite le jeune artisan. Quelque 65 commandes ont déjà été passées. De quoi mettre Skøg sur de bons rails.
 

Pour l’amour du bois

Camille Crépin se définit comme un « wood addict », comprenez un accro au bois. Tout jeune, il rejoint les Compagnons du Devoir comme menuisier-charpentier avant de poursuivre ses études au lycée technique du Bois du Jura, où il décroche un BTS. Dans le Nord, il intègre un bureau d’études spécialisé dans la construction de bâtiments… bois. Lorsqu’il réfléchit au nom de son entreprise, il choisit donc naturellement le mot « Skøg », qui signifie « forêt » en suédois.

 

 

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