Nouveau lillois ? Voici quelques conseils pour votre arrivée !

Par

Tiphanie
Ça nous est à tous arrivé. On arrive à Lille chargé d’a priori sur la météo, le chômage, la bière, et on se frotte un peu les yeux les premiers jours. Le Nord n’a strictement rien à voir avec l’image que beaucoup s’en font, et on le découvre assez rapidement. Pour autant, il faut savoir quelques petites choses.
Chaque quartier a sa spécialité. On va à Solférino-Massena pour ses happy hours pas chers et ses nuits de fête qui ne prennent fin que lorsqu’il fait jour. On va dans le Vieux-Lille pour bien manger et bien boire. On va à Wazemmes pour faire le marché le dimanche matin et manger un poulet rôti avec les mains à la terrasse d’un café. On va rue de Béthune pour s’acheter des fringues et manger un sandwich au canard. On va à la gare Saint-Sauveur pour les apéromix du jeudi soir, pour voir une expo gratuite et jouer aux cartes au Bistrot de la Halle A. On court et se détend à la Citadelle et au bois de Boulogne qui l’entoure. La place du Général-de-Gaulle ? Personne ne connait. Ici, on dit Grand-Place. Et c’est là qu’on se donne rendez-vous, à la fontaine, sous le regard de la déesse.
On ne demande pas un demi, on demande ce qu’il y a en pression. Et un préjugé démonté : ici, la bière est un joyau régional, mais pas pour les raisons que le reste du pays nous prête. Parce que c’est un produit que des gens passionnés savent particulièrement bien faire, c’est tout. Un genre de produit du terroir qui fait à peu près l’unanimité. Vous allez découvrir tout un tas de bières différentes, des belges comme des nordistes, et comme moi au début vous vous forcerez à vous faire un palais. La pils à 5% coupée au sirop de pêche, c’est une hérésie, ici. Et chaque bar se fait un devoir de proposer une sélection particulièrement pointue. Donc demandez le menu, et si vous êtes perdu, tournez vous vers le barman, il sait de quoi il parle.
On goûte aux plats régionaux. On vous conseille de tester au moins une fois un estaminet. Il y en a une pelletée dans le Vieux-Lille, et tous proposent welch, potjevleesch, waterzoï et autres carbonnades flamandes. C’est sûr que ce n’est pas de la haute gastronomie, mais c’est du bon manger souvent pas cher qui réchauffe le cœur. Et lors d'une virée sur la côte pour découvrir la mer du nord, succombez aux délicieuses croquettes aux crevettes... Un délice dont personne ne connait la recette !
Ne cherchez pas de friteries dans le centre de Lille. Il n’y en a que deux dans la ville : la friterie Meunier sur la Grand Place et l'autre sur l'esplanade de la gare Lille-europe, c’est l’espèce de gros truc blanc qui ne ressemble pas vraiment à un camion. Quand vous sortez du train, vous ne pouvez pas la louper ! Donc voilà, pour les friteries, il va falloir aller partout ailleurs dans la région. Ce n’est pas pour autant qu’on ne mange pas de frites à Lille, bien au contraire. C’est ici un peu l’équivalent du riz en Asie : un aliment de base qui se marie avec absolument tout. Et comme les Lillois sont de fins connaisseurs de la pomme de terre frite, peu d’établissements osent servir des frites surgelées. La qualité avant tout.
On ne sort pas sans sa petite laine et son parapluie. C’est un conseil qui va alimenter la mauvaise réputation de la région, mais c’est une réalité. Vous pouvez vous lever sous un soleil radieux et vous prendre une "drache" (expression du nord pour désigner une pluie torrentielle) dantesque sortie de nulle part dans l’heure qui suit. Au pire, vous portez une veste et un parapluie qui ne vous serviront à rien. Au mieux, vous serez vraiment très heureux d’avoir pensé à vous équiper si tout d’un coup c’est l’hiver.