Un tramway nommé souvenirs

Par

Tiphanie
Tramway et Grand Boulevard, surnommé à son inauguration en 1909 « Champs Élysées du Nord », sont étroitement liés à l’histoire de l’urbanisation entre Lille, Roubaix et Tourcoing. Relier ces trois villes entre elles : c’était le pari d’Alfred Mongy dont le nom resta longtemps attaché au tram. Employée par des milliers de voyageurs, cette métonymie tend aujourd’hui à disparaître mais le tracé du tramway, lui, est resté quasi inchangé.

22 kilomètres de voies formant un « Y », avec un tronc commun entre Lille et le Croisé Laroche prolongé de deux branches distinctes vers Roubaix et Tourcoing, constituent les lignes du tramway. Elles sont les seules rescapées du réseau très dense qui desservait la métropole jusqu'au début des années 1960.

Si son tracé est globalement rectiligne du fait de la configuration des lieux - des champs à perte de vue - à l’époque de sa réalisation, son histoire, elle, a connu quelques revers. Longtemps considéré comme un moyen de transport ultramoderne, le tramway s’est trouvé plusieurs fois menacé de disparition, notamment à l’arrivée du métro. Mais celui que les plus anciens appellent encore affectueusement « Le Mongy » continue de tracer son chemin.

Près de 120 ans nous sépare de son inauguration, le 4 décembre 1909, concomitamment à celle du Grand Boulevard. Tous deux partagent une histoire commune : le rapprochement de Lille, Roubaix et Tourcoing au moyen d’une artère large de près de 50 mètres et alimentée par deux voies de tramway rapides.

Des étapes importantes ont jalonné son parcours : en 1950, le remplacement des historiques motrices 400 ; en 1983, le déplacement du terminus de la place du Théâtre vers le sous-sol de la gare Lille-Flandres et, entre 1991 et 1994, la rénovation totale du réseau. Elle est notamment marquée par la reconstruction des caténaires et des voies, la modernisation de certaines stations et, surtout, l’au revoir aux motrices Duewag, de rouge et de blanc vêtues, détrônées par les Breda.

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