Une demeure de charme aménagée dans une ferme du XIXe siècle

Par

Karin Scherhag
À Wattignies, France et Grégory nous ouvrent les portes de leur « Clandestine » : un ancien corps de ferme qu’ils ont acheté fin 2010 et entièrement refait à neuf. Leur famille dispose aujourd’hui de plus de 400 m2 habitables. (photo Pascal Bonnière)

Depuis cette rue passante du vieux Wattignies, la ferme de France et Grégory passerait presque inaperçue. « Pour vivre heureux, vivons cachés, s’amuse la propriétaire des lieux. Notre maison, nous l’avons baptisée « La Clandestine» , c’est dire notre état d’esprit. » La façade extérieure se fait donc volontairement discrète : un long mur de briques rouges, typique des constructions nordistes, surmonté d’une date, 1878. Mais une fois le porche passé, le visiteur est plongé dans un autre monde, loin du brouhaha urbain. « Quand j’ai rencontré Grégory, je vivais dans la Pévèle où j’avais un immense jardin, se souvient France. Pour faciliter la garde alternée des enfants de mon conjoint, nous voulions acheter une maison à Wattignies. J’étais d’accord à condition de retrouver un peu de ma campagne. »

En octobre 2010, le couple entreprend de visiter ce vieux corps de ferme. « C’était une ruine, raconte Grégory. Les enfants (quatre à eux deux) et moi étions persuadés que France prendrait peur et ne descendrait même pas de voiture ! » Sa compagne acquiesce : « À l’époque, j’étais très businesswoman, avec des talons aiguilles de 12 centimètres. » Sa réaction est pourtant toute autre. « Je n’ai pas vu la maison dans l’état dans lequel elle était. Je l’ai vue immédiatement telle que j’allais la rénover, confie-t-elle. Je n’ai jamais voulu d’une maison où je n’avais plus qu’à poser mes meubles. Ces endroits-là manquent d’âme. J’ai besoin de construire quelque chose. »
 

France dessine les plans de sa future propriété telle qu’elle la rêve, Grégory en assure la réalisation. Ils pensent ensemble l’intégralité du projet, sans jamais faire appel aux services d’un architecte. Et assurent un sans-faute. « Avec Grégory qui est ingénieur en bâtiment, je savais que j’étais bien épaulée pour aller au bout de mes rêves », sourit sa compagne.

Un espace pour chacun
Dix corps de métier sont mobilisés, des parties entières de l’ancienne ferme sont détruites, des tranchées sont creusées… Seule la porte de l’ex-pigeonnier sort indemne de ce chantier pharaonique.
 
Un an et demi de travaux plus tard, « La Clandestine » offre 416 m2 habitables à ses six occupants. « Nous sommes une famille recomposée et nous n’avions aucune idée de qui allait s’entendre avec qui. Ici, chaque enfant a son espace, avec salle de bains et dressing. Dans une maison « classique», il aurait été impossible de trouver cela », souligne la mère de famille. Les deux aînés disposent même désormais de deux studios aménagés à l’étage, avec entrée séparée. PDG de quatre entreprises, France a installé son bureau et une salle de réunion au rez-de-chaussée, dans une partie elle aussi indépendante du reste de la maison. Dans cette ferme en U, on trouve aussi une salle de sport qu’on gagne par une échelle. Un espace bien-être de 100 m2 devrait bientôt voir le jour dans une partie encore inoccupée.
 
L’extérieur est tout aussi soigné : le vaste jardin (1 500 m2), sans vis-à-vis, se compose d’un agréable verger séparé du reste du terrain par plusieurs murs en gabion. Un bassin où s’ébattent des carpes koi, les parterres de plantes parfaitement entretenus, l’accueillante terrasse et les jeux de lumière ajoutent à l’ambiance zen. Un véritable havre de paix.
 
Clin d’œil de l’Histoire
Quand le couple décide d’acheter cet ancien corps de ferme à Wattignies, Grégory en parle naturellement à sa grand-mère qui réside dans le Pas-de-Calais. Les probabilités qu’elle connaisse l’endroit sont proches de zéro. Et pourtant, les souvenirs – intacts – de la vieille dame refont immédiatement surface. « Elle m’a appris que cette ferme avait appartenu à sa tante, raconte Grégory. Enfant, elle venait souvent y jouer. Elle s’y rendait à pied en empruntant la «clayette des champs». C’est aussi elle qui nous a indiqué la présence d’un ancien puits dans la cour, depuis longtemps rebouché. » « Je crois que certaines maisons nous appellent, enchérit France. Et c’est ce qui s’est passé avec cette propriété : elle était faite pour nous. »

 

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