Florence fait renaître une grange du XIXe siècle à Cappelle-en-Pévèle

Par

Karin Scherhag
Pour cette première visite privée, nous vous proposons de découvrir la maison de la famille Jacek à Cappelle-en-Pévèle. Cette ancienne grange partiellement réhabilitée allie à merveille tradition et modernité. (photos : Pascal Bonnières)
Il fallait une sacrée dose d’imagination à Florence Jacek pour dessiner la maison de ses rêves dans l’ancienne grange de la ferme Dubus à Cappelle-en-Pévèle. « Quand je l’ai vue en photo, j’ai tout de suite eu un coup de cœur, se souvient pourtant la pétillante jeune femme. Et après l’avoir visitée, je ne pouvais plus en voir d’autres. Cette grange était particulièrement belle. Et saine en plus ! Je savais déjà comment j’allais la rénover. C’est de l’instinct, je crois. » Depuis, la jeune architecte s’est spécialisée dans la rénovation de bâtiments agricoles et les maisons de maître.
Avec son mari, Florence achète donc cette immense bâtisse datée de 1864. « Je voulais du très ancien », souligne-t-elle. Un an de travaux sont nécessaires avant que la famille Jacek puisse enfin emménager dans sa nouvelle maison, loin du tumulte lillois, en juin 2017. « On a gardé tout ce qu’on a pu. La charpente et deux des poteaux du salon sont d’origine et on a récupéré d’anciens objets qui trainaient là pour leur donner une seconde vie. » Comme cette échelle en bois aujourd’hui élément de déco incontournable de la salle à manger. Pour le reste, Florence aime travailler les matériaux bruts jusque dans son mobilier.
La vieille grange offre des volumes incroyables : 300 m2 au sol (pour l’instant un tiers a été réhabilité pour offrir un espace de vie de 170 m2) et des hauteurs sous plafond vertigineuses. « C’est énorme, démesuré, sourit la jeune femme. On a l’impression d’être dans une église. Je me sentais toute petite en arrivant ici. » Le plafond cathédrale du salon accentue cette impression. Au rez-de-chaussée, les espaces sont entièrement ouverts. Florence a donc joué sur les hauteurs des plafonds pour délimiter les lieux. À l’étage, chambres et salle de bains bien sûr, mais aussi une magnifique mezzanine plongeant sur le salon. La déco, moderne, soignée, épurée, se marie à merveille avec le style de la bâtisse qui a ici conservé tout son charme. Une belle réussite.
On pourrait croire qu’une réhabilitation revient moins cher à l’acheteur qu’une construction. C’est faux. Florence et son mari en ont fait l’expérience. Entre l’achat de la bâtisse (180 000 euros hors frais de notaire) et les travaux de transformation, le couple a dépensé plus de 480 000 euros dans sa maison. « On partait d’un existant qui était aussi une contrainte. Il a fallu tout refaire, créer les réseaux… On sait très bien qu’on ne fera jamais de plus-value sur ce bien mais ce n’est pas ce qui nous intéresse, commente la jeune femme. Cette maison, c’est notre projet de vie, notre bébé. » L’architecte a d’ailleurs tout pensé pour rendre sa maison évolutive au fil des années. « D’ici là, on a encore plein de choses à faire : une terrasse en bois, deux ou trois chambres au grenier, un insert au gaz… et pourquoi pas une piscine et un spa dans la partie qui n’a pas encore été réhabilitée ! » sourit Florence. On a hâte de voir ça. (par Karin Scherhag)