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Tournage de la saison 2 de Baron Noir, au château de Steene.

Par

Karin Scherhag
Avec ses vastes pièces de style Louis XVI et son parc à l’anglaise planté d’arbres séculaires, cette somptueuse demeure du 18ème siècle est un décor de cinéma idéal. À l’été 2017, elle a d’ailleurs accueilli le tournage de la saison 2 de Baron Noir, la série de Canal+. (photos Johan Ben Azzouz)

Dans son vaste bureau de style directoire, Thierry Vandenbussche collectionne les coupures de presse qui font référence au tournage du thriller politique de Canal+, Baron Noir. Et plus particulièrement à celles qui évoquent les scènes filmées ici, chez lui, au château de Steene, près de Dunkerque. Dans la saison 2, sa demeure du 18ème siècle devient la Lanterne, la résidence versaillaise des chefs de l’Etat. Les alliances s’y font et s’y défont au rythme des trahisons.

Quelques scènes ont été tournées dans ce même bureau où nous reçoit Thierry et dans le salon, redécoré à la demande du réalisateur Ziad Doueiri. « Les équipes de tournage ont tout chamboulé : ils ont changé les rideaux, les tableaux, les livres, déplacé les meubles… rien ne leur faisait peur ! », sourit le propriétaire. « Le tournage a duré deux fois huit jours mais la maison est suffisamment grande (750 m2 habitables plus les combles et la cave, ndlr) pour que nous n’ayons pas été gênés. Tout s’est très bien passé et si on nous contacte pour un autre tournage, nous serons partants. » (photo Rémy Grandroques/Kwai/Canal+)

De plus nombreuses scènes encore ont été filmées dans le parc du château qui devient pour les besoins de la série à la fois jardin de la Lanterne et de l’Élysée. Les prises de vue changent, le cadrage aussi, mais on reconnaît sans mal ce jardin à l’anglaise et son hêtre séculaire. Un parc de 2,5 hectares avec étang où s’ébattent des carpes amour, glacière du 18ème, terrain de tennis aménagé en 1920 et piscine, le tout entouré de plusieurs hectares de vertes prairies. On distingue aussi sans peine la sublime façade de style néo-classique qui a donné son nom à la propriété : le château Duriez. « En réalité, ce n’est pas un château, corrige Thierry Vandenbussche. C’est ce qu’on appelle une campagne. Une maison d’agrément construite à l’extérieur de la ville et occupée l’été. À l’époque, les Dunkerquois fortunés faisaient construire des maisons comme celle-ci car la vie en ville n’était pas très agréable. Beaucoup ont disparu depuis."

La propriété des Duriez a traversé les époques et se dresse toujours aussi fière, à l’écart du village. Le parc offre une vue dégagée sur Steene et sa colline, 1,6 kilomètre plus loin. La façade n’a pas changé depuis sa construction : un corps majestueux prolongé de deux ailes dans lesquelles le couple Vandenbussche-Duriez a aménagé des logements. « On a juste enlevé les 80 volets portefeuilles », précise notre hôte. L’intérieur, lui, a été intégralement refait après la Première Guerre mondiale, par la famille Duriez nouvellement propriétaire. Le chantier est alors confié à un cousin, l’architecte Louis-Marie Cordonnier à qui l’on doit aussi la Chambre de commerce et la bourse de Lille, l’hôtel de ville de Dunkerque ou le palais de La Haye (Pays-Bas). La maison revêt « un style Louis XVI tel qu’on le concevait en 1920. » Le temps semble s’être arrêté depuis. « Tout a cent ans », confirme Thierry. Même les poignées de porte en bois, impossibles à trouver aujourd’hui. Au rez-de-chaussée, côté sud, on découvre une enfilade de trois pièces : l’actuel bureau (jadis une salle de billard), suivi d’un double salon s’ouvrant sur une cuisine (l’ancien office).

Un imposant escalier en chêne mène aux six chambres. « Un escalier bien trop somptueux pour une campagne, souligne Thierry. Les contremarches mesurent à peine 15 centimètres pour que la montée ne soit pas trop fatigante. Cordonnier a sans doute ramené cet escalier d’un hôtel particulier de Paris ou de Lille. » Le côté nord - au rez-de-chaussée comme à l’étage – fait office de vaste galerie. Thierry et son épouse Charlotte se sont installés au château à la suite des parents de celle-ci, en 2013. Ils projetaient d’y louer des chambres d’hôtes. « Mais l’activité n’a jamais décollé. On ne s’improvise pas hôtelier », relativise le propriétaire.Depuis le départ de leurs enfants étudiants, Charlotte et Thierry vivent donc à deux dans cette incroyable demeure, sous l’œil de Napoléon III dont le portrait bordé d’or trône toujours dans le salon.

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